Pourquoi certaines femmes accumulent les certifications sans jamais se sentir légitimes
Vous avez déjà obtenu deux ou trois certifications dans le métier que vous visez ? Et pourtant, vous n'avez toujours pas franchi le pas en postulant ou en changeant de poste. Dans ce cas-là, il s'agit rarement d'un problème de compétences.
L'impact du syndrome de la bonne élève dans la transition professionnelle
Ce réflexe a un nom : le syndrome de la bonne élève. Il ne se limite pas à l'école ou à la vie en entreprise. Dans une reconversion, il prend une forme précise : tant que je n'ai pas encore cette certification, je ne suis pas encore légitime. Et dès que celle-ci est obtenue, une autre apparaît, tout aussi indispensable en apparence. L'échéance recule à mesure qu'on s'en approche, exactement comme pour une demande de promotion qu'on repousse en attendant d'être "enfin prête".
En sept ans d'accompagnement, j'ai vu ce schéma revenir avec une régularité frappante chez des femmes pourtant largement qualifiées pour le poste qu'elles visaient. Élodie, par exemple, repoussait l'échéance depuis plus d'un an, par peur de ne pas y arriver, de ne pas être à la hauteur. Quand elle ne se réfugiait pas dans une certification de plus, c'est sa candidature elle-même qu'elle repoussait, sur les postes qui la faisaient pourtant rêver.
Ce qui lui manquait vraiment, indépendamment du contenu de sa formation, c'était la sensation d'être prête.
Or être prête ne veut pas dire être parfaite.
Confondre les deux est précisément ce qui pousse à procrastiner le grand saut.
Le vrai frein n'est pas la compétence, mais la peur de l'échec
Cette échéance qui recule sans cesse n'est d'ailleurs pas un hasard : c'est souvent la stratégie la plus efficace, et la plus inconsciente, pour éviter un risque plus redouté encore. Se former rassure. Le temps passé sur une nouvelle certification permet d'avancer, sans pour autant représenter la totalité du chemin : celui de postuler, d'être vue, d'être jugée sur ce qu'on sait déjà faire. Tant qu'on apprend, on ne peut pas encore échouer. C'est cette protection-là, plus que le contenu de la formation elle-même, qui pousse à en enchaîner une nouvelle.
Le coût de cette stratégie est rarement nommé : chaque certification supplémentaire retarde le moment de se confronter au marché, tout en donnant le sentiment inverse, celui de "faire ce qu'il faut". Plus vous retardez cette échéance, plus la peur d'échouer s'accentue, et plus elle vous paralyse à son tour. Un cercle vicieux s'installe.
Comment savoir si vous avez réellement besoin d'une certification supplémentaire
Une question simple permet souvent d'y voir clair avant de vous inscrire à une nouvelle formation : qu'est-ce que cette certification m'apprendrait que je ne sais pas déjà faire ? Si la réponse est précise, elle répond à un vrai besoin. Si elle est floue, ou si elle ressemble à "je serai plus crédible", c'est le signe d'une permission que vous attendez de l'extérieur, plutôt que d'une compétence qui manque réellement, une permission qui ne peut venir que de vous.
Un exercice concret aide à objectiver l'écart réel : reprenez deux ou trois offres d'emploi du métier que vous visez, listez les compétences effectivement demandées, et cochez celles que vous maîtrisez déjà, certifiées ou non. La plupart du temps, le décalage restant est bien plus modeste que celui redouté.
Personne ne se sent jamais tout à fait prête. La vraie question, c'est de décider d'avancer quand même. C'est cela, le courage : y aller même si cela fait peur, et c'est ainsi que se construit la confiance en soi.
On pourrait passer une vie entière à se perfectionner. Apprendre ne se limite pas à suivre une formation : cela passe aussi par la mise en application, et rien ne vaut mieux pour cela qu'un métier rémunéré.
Ce que vous osez montrer compte plus que ce que vous savez
Se former reste important tout au long d'une carrière, et parfois nécessaire en phase de reconversion ou de transition professionnelle. Mais accumuler les certifications ressemble à de la préparation sans toujours en être une : c'est parfois une façon, légitime en apparence, de repousser le moment où l'on se lance.
Faire la différence entre se préparer et se rassurer, avant de s'inscrire à une formation de plus plutôt qu'après, fait partie de ce que je travaille dans mon accompagnement pour se reconvertir professionnellement : objectiver ce qui est réellement acquis, et ce qui relève d'un doute qu'aucune formation supplémentaire ne suffira à éteindre.
Si vous rêvez de vous épanouir pleinement dans ce nouveau métier, mais que des doutes vous freinent encore, ceux qu'aucune certification n'est jamais parvenue à combler, je peux vous accompagner. Réservez votre bilan stratégique professionnel, offert et sans engagement.
Eleanor Peek accompagne des femmes cadres et dirigeantes dans leurs transitions professionnelles depuis sept ans. Vous pouvez suivre ses publications sur LinkedIn.